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A 53 ans (en 2000) Michel Saubade n’avait plus rien à prouver professionnellement. Sa société industrielle était devenue numéro 1 mondial (dosage sans électricité des médicaments destinés aux bêtes d’élevage). Il découvre l’argan lors d’un voyage au Maroc, conquis par le produit, il décide de créer une coopérative pour aider les femmes berbères à améliorer leurs conditions de vie. | Agroligne : Parlez nous de vos débuts avec l’argan...
MS : Ma première rencontre avec l’argan a été lors d’un voyage au Maroc. Un matin, en dégustant des œufs au plat avec de l’huile d’argan et du cumin, ce fut un émerveillement. Le résultat a été tel que j’ai décidé de faire quelque chose avec cette huile. J’ai contacté par la suite Mme Zoubida Charouf , elle m’a renseigné sur l’argan et j’ai découvert les nombreuses qualités de cet arbre millénaire. Doté de mille vertus dont une des plus importantes sont ses caractéristiques anti-vieillissement, elle sert depuis des générations à la beauté des femmes marocaines. J’ai trouvé ce produit tellement fabuleux que j’ai décidé de rester auprès de lui, depuis j’habite dans le sud du maroc.
Agroligne : Vous avez créé au sud du Maroc une coopérative de production exclusivement féminine, qu’a apporté dans la vie de ces femmes cette coopérative ? Comment sont elles rémunérées ?
MS : Concernant leur rémunération : elles amènent les noix a la coopérative, elles les cassent, elles extraient les amandons. L’huile est produite à partir de ces amandons. Elles sont payées par rapport au nombre de kilos d’amandons qu’elles préparent pour la production. Nous avons établi un contrat avec la coopérative, basé uniquement sur la qualité, car nous tenions à avoir des produits parfaits pour la ligne cosmétique. Dans ce contrat nous exigeons une bonne qualité du produit et l’entretien régulier des machines. Nous n’avons pas d’exclusivité, nous leur demandons même de vendre au minimum 20% de leur production pour qu’elles ne soient pas entièrement dépendantes de nous. Depuis le démarrage de notre coopérative il y a 5 ans, le prix auquel elles vendent les amendons a été multiplié par 5. A travers cette activité elles se sont émancipées, ce qui était très important c’est que ça leur permet de gagner de l’argent par elles mêmes, donc une source de revenus pour ces foyers modestes. Elles ont aussi accès à l’alphabétisation, ce qui est important pour leur propre avenir.
Agroligne : Vous avez créé par la suite la Maison de l’Argan à Bordeaux, pour distribuer une gamme de produits cosmétiques hauts de gamme à l’huile d’argan produite par la coopérative, avez-vous trouvé facilement des débouchés ?
MS : Non ça n’a pas été facile du tout ; il a fallu d’abord investir dans la recherche et les techniques capables de préserver et mettre en valeur les qualités de l’huile d’argan. Ensuite il a fallu créer toute la ligne packaging originale et fortement signée sur le terroir du sud marocain. Enfin il a fallu trouver les bons distributeurs, ce qui n’est pas évident non plus. Nous avons opté pour la vente directe, par réunions, aujourd’hui nous avons 450 VDI (vendeuses à domicile indépendantes) partout en France. Au Maroc, nous avons un réseau de distribution de vente direct aussi, pour la gamme katima’a , mais le produit est un peu cher pour le Maroc car il y a des taxes d’importation très importantes, donc ce sont des produits qui ne sont pas facilement abordables.
Agroligne : Quels sont vos différents circuits de distribution, en France et à l’étranger ?
MS : En France comme j’ai déjà souligné, c’est la vente directe avec nos VDI ; en Belgique c’est vendu en parapharmacie ; en Grande Bretagne elle est vendue à travers des magasins. Nous avons toutes les formes de distribution selon les pays, nous nous adaptons. Pour intégrer le marché international, c’est un long processus ou il faut se battre, d’abord le produit est testé vigoureusement par les professionnels pour reconnaître sa qualité, il faut mettre tous les atouts de son côté : le produit, les actifs, le parfumage, l’onctuosité de la crème, le packaging qui est très important aussi, il faut avoir ce tout pour réussir et il faut investir beaucoup d’argent au départ, et le plus important il faut y croire vraiment pour convaincre les autres. En Grande Bretagne c’est ainsi que ça a marché, il a été référencé au départ dans deux magasins, actuellement nous sommes présents dans 40 magasins, avec notre nouvelle gamme AR457 . En Belgique l’entrée a été faite avec la gamme katima’a, les résultats sont excellents. Aujourd’hui ils ont aussi pris la gamme AR457 pour entrer dans le réseau des esthéticiennes.
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