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Dans l’entretien qui suit, le directeur central de la promotion au sein de l’APIA, nous parle de l’agriculture en Tunisie. Un secteur qui, précise t-il, est dominé par les investissements privés qui n’arrêtent pas de croître depuis 2004. Cette croissance n’est pas étrangère à l’évolution de l’agro- industrie représentée par 1100 entreprises. Il nous explique également les missions qui incombent à l’agence et les différents objectifs qu’elle s’est fixée.

Agroligne : Vous avez pour mission de promouvoir l’investissement de l’agriculture et de la pêche en Tunisie, de quelle manière cette promotion est – elle assurée ?

Mohamed Hadj Kacem : La promotion de l’investissement agricole privé est assurée par l’Agence de Promotion de l’Investissement Agricole en Tunisie d’une manière ré échie je dirais.

En effet, nous intervenons de façon telle que le résultat puisse être à son meilleur niveau possible en intervenant avec des objectifs clairs.

Inciter les détenteurs du potentiel d’investissement (terres, moyens financiers, et savoir-faire) à placer leur argent dans le secteur de l’agriculture.

Pour cela nous réalisons plusieurs actions de nature à conforter l’agriculteur pour mobiliser ses moyens dans ce secteur clef. Ainsi des études sectorielles sont réalisées, des séminaires thématiques où nous essayons de réunir un auditoire capable de réaliser des opérations d’investissement. Nous agissons. Nous faisons la promotion des textes encourageant l’investissement en agriculture pour que les investisseurs soient informés de l’effort que consent l’Etat pour les aider à contribuer pour donner à ce secteur la place qui lui sied dans l’économie nationale.

Octroyer les encouragements de l’Etat au secteur agricole de la pêche et des services qui lui sont liés. En effet, une batterie d’avantages scaux et nanciers est mise en place de concert avec les différents départements pour d’un côté inciter l’agriculteur à réaliser des investissements exonérant une partie des fonds placés en agriculture de l’impôt sur les revenus des personnes ou du béné ce des sociétés intervenant ainsi avant l’opération d’investissement. Puis d’autres encouragements sont mis en place de façon à alléger le poids de l’opération d’investissement elle-même et permettre aux petits et moyens agriculteurs de réaliser plus avec les mêmes moyens (des exonérations et des subventions d’investissement). Quelques avantages sont aussi prévus de façon sélective pour améliorer la rentabilité des projets réalisés.

Assurer le suivi des investissements ainsi encouragés avec trois objectifs essentiels :

  • Débloquer les avantages accordés,
  • Soutenir les agriculteurs qui rencontrent des difficultés,
  • Retirer les avantages en cas de non-respect de la loi.

Contribuer à la stabilité des investissements encouragés en entreprenant des actions de nature à en améliorer la rentabilité ou la productivité et l’ouverture des agriculteurs sur les technologies nouvelles et les marchés internationaux. Pour cela nous conduisons des délégations pour visiter et éventuellement exposer dans des salons internationaux, nous organisons des sessions de formation dans les référentiels de qualité (global gap, normes iso etc.) et nous organisons en n un salon biennal le SIAT (salon international de l’investissement agricole et de la technologie) où nous essayons de rapprocher nos agriculteurs des technologies. 

Par ailleurs, d’autres actions sont réalisées toujours dans le sens de la promotion des investissements par les jeunes agriculteurs visant ainsi non seulement l’investissement en lui-même mais aussi le rajeunissement de la population des agriculteurs et l’adoption des innovations et des technologies performantes. Cette catégorie d’investisseurs bénéficie de l’animation d’un réseau de pépinières d’entreprises placées dans les instituts de recherche scientifique et d’enseignement supérieur agricole pour leur permettre de bénéficier d’un encadrement  double,  des scientifiques de L’IRESA (Institution de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur Agricoles) et des cadres de l’APIA en plus du mécanisme du prêt foncier qui permet aux jeunes l’accès à la propriété des terres agricoles.

Enfin l'APIA a procédé à la formation d’accompagnateurs ou « coach » externes privés dont le rôle est d’accompagner les jeunes de l’idée du projet à l’assistance lors de la réalisation des opérations d’investissement. Toutes ces actions ont permis à l’investissement privé d’atteindre l’objectif de dépasser les 50 % des investissements globaux du secteur dépassant ainsi les investissements publics.

Comment se porte le secteur agricole en Tunisie ?

Le secteur agricole est si varié que nous ne pouvons qualifier son comportement et sa santé en quelques lignes. Disons qu’il connait des succès et des difficultés selon les saisons les années et les secteurs. Mais en peu de mots et deux graphiques nous pouvons illustrer la place et la confiance des opérateurs dans ce secteur vital. On y voit nettement la croissance de l’investissement privé en intention et en  vrai depuis 2004 sans que cela ne stagne même pendant et après la révolution du 14 janvier 2011.

L’industrie agroalimentaire bénéficie t-elle de l’intérêt qu’il faut ?

L’intérêt au secteur de l’agroalimentaire peut être mesuré que par son comportement et le rôle qu’il joue dans l’économie nationale. En effet l’agroalimentaire qui est considéré en Tunisie comme le prolongement naturel et logique du secteur agricole bénéficie de l’intérêt du législateur qui le favorise par mise en place de mécanismes de nature à lui permettre d’évoluer dans un environnement propice à son essor. L’appui du Centre Technique de l’Agroalimentaire ainsi que l’assistance dont bénéficie le secteur sont de nature à permettre les résultats et les performances que ce secteur ne cesse de réaliser. La Tunisie compte environ 1100 entreprises agroalimentaires couvrant presque tous les secteurs et est placée parmi les premiers sinon le premier certaines années en matière de production de dattes et d’huile d’olive. Adossé au secteur agricole, le secteur de l’agroalimentaire permet la production de la plus part des besoins des Tunisiens en produits transformés (conserves et semi-conserves de tomates, produits laitiers, pates et dérivés céréaliers produits de la mer en conserve, jus de fruits et j’en passe).

Ce secteur permet à la Tunisie une recette qui avoisine ou dépasse les 2 milliards de dollars. C’est vous dire l’intérêt que lui accordent les responsables du secteur ainsi que les opérateurs privés.

De quoi le secteur  a-t-il besoin pour se développer encore plus ?

Pour être objectif, le secteur agricole aurait besoin que nous puissions aplanir les difficultés que le privé ne peut solutionner tout seul comme les problèmes liés au foncier  ou l’amélioration de l’infrastructure ou encore les circuits de distribution et l’accès au financement pour les agriculteurs les moins nantis. Enfin les opérateurs privés peuvent certainement faire évoluer positivement le secteur en améliorant le niveau d’agrégation et de regroupement pour conjuguer leurs efforts et devenir plus performants.

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