Pêche et surexploitation : ONG et scientifiques sonnent l'alarme

  • Création : 18 janvier 2006
Une ONG espagnole dénonce l'utilisation de chalutiers dans les eaux profondes : l'accord de pêche entre le Maroc et l'UE en ligne de mire...

Désormais, la pêche intensive ne menace pas seulement les céphalopodes. Dans les eaux marocaines, le poisson de profondeur, que le ministère de la Pêche avait présenté en tant qu'alternative à la raréfaction de certaines espèces comme les céphalopodes, serait également menacé.

Oceana, une importante organisation internationale de protection des ressources halieutiques, basée à Madrid, vient de sonner l'alarme. Elle dénonce la surexploitation par les chalutiers espagnols des eaux profondes du Maroc, et ce, en dépit des mises en garde des scientifiques des deux pays. En effet, l'ONG espagnole ne fait que reprendre l'alerte qui avait été donnée déjà en novembre 2004 par l'Institut national de la recherche halieutique (INRH) et l'Institut espagnol d'océanographie (IEO), à l'issue d'une sortie de prospection dans les zones comprises entre les caps d'Agadir et Boujdour. La mission scientifique a été effectuée à bord même du navire scientifique espagnol Vizconde de Eza, précise un responsable de l'INRH. L'évaluation de l'état des espèces de profondeur dans ces zones a fait ressortir le danger d'une pêcherie incontrôlée. Selon Oceana, les résultats communs de l'INRH et de l'IEO révèlent que «seule une pêche expérimentale contrôlée pourrait être autorisée sur quelques espèces de profondeur, avec des engins sélectifs et une extraction limitée de biomasse».

Les scientifiques préconisent, par ailleurs, l'utilisation d'un petit nombre de palangriers de fond pour la capture du merlu noir, du mostalle et du sabre noir. Xavier Pastor, directeur d'Oceana pour l'Europe, est catégorique: «le Secrétariat général de la pêche maritime (SGPM) espagnol ignore ces résultats et prétend répéter l'étude autant de fois que nécessaire pour satisfaire les intérêts des compagnies de pêche au chalut».    

En effet, si la mise en garde de l'organisation internationale concerne les missions d'étude et de prospection, elle est à plus forte raison valable pour les campagnes de pêche proprement dites. Elle déclenche, par la même occasion, un débat longtemps ignoré sur la situation des espèces des eaux profondes au sud du Maroc.

Le communiqué d'Oceana souligne que «dans différentes zones d'Europe, l'utilisation de chalutiers a endommagé entre 30 et 50% d'importants écosystèmes et provoqué une grave perte de biodiversité et de production marine». Aujourd'hui, et à trois mois de l'entrée en vigueur de l'accord de pêche entre le Maroc et l'UE, le SGPM dépendant du gouvernement espagnol est dans le collimateur. Les autorités marocaines le sont tout autant. Et d'après certains experts et armateur, il est aujourd'hui nécessaire d'avoir plus d'informations sur les espèces des fonds. Il s'agit d'une précaution à prendre pour ne pas condamner des espèces à l'essoufflement

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