Nouveau dispositif pour lutter contre la pêche illégale

  • Création : 6 octobre 2006
Pour mieux surveiller ses ressources halieutiques, l'Algérie sera dotée d'un plan de surveillance des côtes. Le projet lancé par le ministère de la pêche sera réalisé en collaboration avec le département de la défense.

L'Algérie se dotera prochainement d'un plan de surveillance de ses côtes.

Cette information révélée hier par M. Toufik Rahmani, directeur général de la chambre nationale de la pêche lors d'une conférence de presse organisée par l'union nationale des commerçants et artisans algériens (UGCA), revêt incontestablement un caractère particulier dans la mesure où ce sera une première pour ce secteur qui connaît de graves dérives commises par certains professionnels qui transgressent les lois en vigueur.

Le premier responsable de la chambre nationale de la pêche a, à vrai dire, réagi aux questions des journalistes sur l'utilisation de la dynamite par certains marins et la vente du poisson à des armateurs étrangers. Ce plan de surveillance des côtes s'articulera sur deux volets, l'un répressif contre les fraudeurs et l'autre entrant dans le cadre de la sécurité de la navigation (l'identification et le repérage des positions des bateaux).

Lors de son intervention, M. Hocine Bellout, président du comité national des marins pêcheurs, poissonnier et membre du conseil national de l'UGCA, a mis l'accent sur les graves dérives constatées surtout dans le créneau du corail. Il citera à titre d'exemple l'affaire de 136 kilogrammes de corail saisis à El-Tarf le 31 janvier 2006. Il rappellera aussi d'autres affaires, comme la saisine de 23 kilogrammes de corail dans la même wilaya.

Les auteurs de ces trafics ont certes été déférés devant la justice, mais combien sont-ils à pouvoir passer entre les mailles du filet.

C'est justement pour lutter contre ces trafics que ce plan de surveillance sera, entre autres, élaboré. Il faut noter dans ce contexte qu'une société espagnole, qui a mené une étude de plus d'une année, a dressé la cartographie des zones de pêche des côtes algériennes. Ce travail, qui a permis de découvrir de nouvelles zones de pêche, sera une aubaine pour les marins pêcheurs qui n'auront plus qu'à suivre leur GPS pour réaliser de bonnes prises.

Quant à la situation actuelle de la pêche, Hocine Bellat la juge en deçà des attentes. Se référant à l'étude espagnole, M. Toufik Rahmani a tenu à révéler qu'en 2003, les marins pêcheurs algériens avaient pêché 187 000 tonnes de poissons.

“Il faut savoir que cette année 2003, les 100 000 autres tonnes de stock pouvant être pêchées sont restées au fond de la Méditerranée, faute de moyens”, explique M. Rahmani. Revenant sur la réalité d'un secteur qu'il connaît bien, Hocine Bellout tient surtout à interpeller les autorités pour qu'elles mettent un terme au trafic du corail.

“Le prix d'une branche de corail varie de 800 à 15 000 euros. Les braconniers de la mer détruisent les récifs coralliens car ils utilisent des poutres en fer pour racler le fond de la mer”, affirme-t-il. Il fera le même constat sur les pêcheurs qui détruisent les fonds marins en utilisant la dynamite :  “les autorités ont arrêté des pêcheurs utilisant ce procédé à Bou Haroun.”  Il estimera que les potentialités de pêche sont énormes en Algérie qui compte 1 200 kilomètres de côte.

Quant au prix du poisson, il rappellera qu'ils est déterminé par l'offre et la demande. Pour développer le secteur, il préconise le contrôle vigoureux par l'État.

“Aujourd'hui, tout le monde peut s'improviser vendeur de poissons. Des vendeurs proposent du poisson en plein mois d'août, et ce, au vu et au su de tout le monde”, insiste-t-il.

Il rappelle la position de l'UGCA qui prône la création de marché de gros du poisson dans chaque wilaya. “Il faut aussi construire des poissonneries dans les 15 000 communes du pays pour éviter des accidents sanitaires dus au manque d'hygiène”, dit-il encore.

L'aquaculture est une autre option pour développer la consommation du poisson chez les habitants résidant loin des côtes. “Chaque année, les services de la pêche font des lâchers d'alevins dans les différents barrages du pays. La carpe est le poisson choisi car il aide à l'entretien justement des barrages. Cela permet aussi aux populations locales de pêcher et de consommer ses carpes”, affirme-t-il.

En conclusion, il rappellera que chaque année le japonais consomme 80 kg de poisson, alors que l'Algérien n'en consomme que 5 kg.

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