La Tunisie n'échappe pas à la vague chinoise

  • Création : 13 février 2006
Les résultats du commerce extérieur de la Tunisie sont alarmant lorsqu'on les analyse dans le détail.

D'abord, il faut bien se rendre à l'évidence, le choix stratégique de l'ouverture du pays a été payant. Entre 1987 et 2005, les exportations tunisiennes ont été multipliées par 8. Pour la seule période d'exécution du 10e plan (2002-2005), les exportations ont augmenté de 40% environ, soit une moyenne annuelle de 10%. La performance n'est pas du moindre compte tenu de la conjoncture internationale et de l'atonie de la demande mondiale et particulièrement européenne qui y a prévalue.

Du coup, le taux de couverture de la balance commerciale tunisienne a évolué fortement, atteignant presque 80%. Un score inégalé.

Non seulement l'économie tunisienne ne cesse de s'ouvrir à l'extérieur - son taux d'ouverture, c'est-à-dire la part des exportations et des importations dans le PIB, a dépassé la barre de 81% en 2005- mais elle maintient résolument le cap de l'exportation - le taux d'effort à l'exportation qui mesure le rapport entre les exportations et le PIB s'établit à 36% en 2005 contre 25.6% il y 10 ans.

Certes, le textile et l'habillement tiennent le haut du pavé de l'exportation. Mais il faudra dorénavant compter aussi sur le IME (Industries mécaniques, électriques et électroniques) et même les IAA (Industrie agro-alimentaire).

Toutefois, sur ce tableau idyllique, il existe des points sombres. En effet, il semble bien que le pays n'ait pas saisi efficacement l'opportunité de l'entrée des 10 nouveaux pays de l'Europe centrale et orientale (PECO) dans le giron de l'Union Européenne. Apparamment, les opérateurs tunisiens se sont simplement contentés de prospecter ces marchés pour importer, creusant davantage le déficit commercial avec cette zone.

Plus sérieux encore avec la région asiatique. Il est vrai qu'en 2005, les exportations tunisiennes ont progressé de plus de 30% en Asie. Mais cette accroissement demeure, somme toute, relatif. Car, en terme absolu, l'écart est conséquent: les exportations tunisiennes vers l'Asie se chiffrent à 500 MD environ, alors que ses importations de la même zone affichent plus de 1,7 milliards de dinars ; soit plus du triple. Un détail : les importations d'Asie ont bondi de 47% entre 2003 et 2005. Et la Chine n'est d'ailleurs pas étrangère au phénomène.
L'empire du milieu est devenu le 6ème fournisseur de la Tunisie.

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