Le sorgho comme troisième culture : intérêts agronomiques et débouchés

  • Création : 22 décembre 2014

Les surfaces françaises cultivées en sorgho augmentent depuis deux ans. La diversité des assolements exigée par la Pac, pour 2014-2015, devrait confirmer cette tendance. Etat des lieux de la filière.

La nécessité de diversifier les assolements pousse le déploiement de la culture du sorgho en France.

La Pac exige pour la campagne trois cultures différentes pour les surfaces en terres arables supérieures à 30 ha. Selon Denis Villenave, directeur de Semences de Provence, « le sorgho possède des atouts majeurs en tant que troisième culture avec un véritable intérêt agronomique, notamment en tant qu'espèce de printemps ». Plante de rupture pour la gestion des adventices, économe en eau, solution aux problématiques rencontrées dans les rotations courtes blé/tournesol, rupture des monocultures de maïs. Les contraintes réglementaires pourraient donner l'impulsion à la filière...

Le sorgho à grains roux est le plus courant en France. Celui à grains blancs se destine à l'oisellerie ou au marché italien, amateur de volailles à chair blanche. Les variétés à grains blancs ont des rendements plus faibles et sont plus tardives. Leur zone de culture est limitée par ce critère de précocité. Ce qui n'est pas un mal vu le faible potentiel de développement du débouché.

Encore un marché de niche

Crystel l'Herbier, ingénieur Arvalis-Institut du végétal, précise que « 58 millions de tonnes de sorgho sont produites dans le monde chaque année, sur 2,3 milliards de céréales, et 7 Mt sont échangées, sur 340 Mt de céréales. Les Etats-Unis détiennent 57 % de parts de marché des exportations. Les acheteurs le sont surtout par opportunisme. Les principaux producteurs se situent sur le continent africain. Ils récoltent pour leur propre consommation 24 Mt de sorgho par an. Sur le continent américain, c'est le Kansas, le principal état producteur. »

Jean-Luc Verdier d'Arvalis descend au niveau de l'Union européenne qui produit, par an, environ 630.000 t de sorgho grain, en importe 346.000 t et en exporte 5.000 t (données Eurostat, moyenne 2012-2014). La France et l'Italie sont les deux principaux producteurs, avec respectivement 275.000 et 255.000 t, l'Espagne le premier importateur de sorgho à destination des élevages . « En 2010-2011, année de tension sur les matières premières, l'Europe a consommé plus d'1,5 Mt de sorgho grain. Cela montre notre niveau potentiel d'utilisation et donc de développement de la production. »

Hausse des surfaces

En France, les surfaces évoluent à la hausse depuis deux ans (+ 51 %) pour atteindre 65.000 ha en 2014 et la production suit, estimée à 378.000 t (+ 35,5 %). Les surfaces ont notamment doublé en Midi-Pyrénées, première région productrice de sorgho. Depuis 2009, les rendements oscillent entre 52 et 65 q/ha. Depuis un an, le cours du sorgho dépasse celui du maïs aux Usa. L'arrivée de la Chine parmi les importateurs ? Quant aux prix payés aux producteurs en France, ils se rapprochent de ceux du maïs.

Le faible niveau de la collecte est souvent évoqué comme un frein pour les fabricants d'aliments du bétail (Fab) pourtant intéressés par son profil énergétique. Marc Berger, gérant de Courtage du Val-de-Loire, évoque, en effet, la place encore limitée accordée au sorgho par les Fabs. « C'est une matière première encore mal connue de nombreux transformateurs. Elle reste, par exemple, suspectée de renfermer des tanins alors que la sélection variétale a corrigé le problème depuis longtemps. » Il conseille donc aux acteurs de la filière de stabiliser sa valeur alimentaire, de mieux faire connaître son intérêt nutritionnel, de normaliser les conditions de récolte pour éviter les moisissures, et d'atteindre un tonnage collecté critique pour satisfaire les Fabs, en particulier ceux du nord-ouest qui connaissent mal ce produit.

Source: www.agrisalon.com

 

Articles Populaires

LE SIMA SE REINVENTE !...
  • Création : 12 septembre 2019
GRFI : Pour une agriculture...
  • Création : 17 septembre 2019

Articles Pour vous