Côte d'Ivoire: la production officielle de noix de cajou menacée

  • Création : 14 mai 2016

Premier producteur mondial de noix de   cajou (ou anacarde), la Côte d'Ivoire a vu ses exportations baisser en raison   de la fuite d'une partie de sa production vers les pays voisins.     En 2016, le pays a réalisé une récolte de 725.000 tonnes en début de   campagne, devant l'Inde alors que la production mondiale est de 2,9 millions de tonnes.

Pourtant, "à ce stade, 200.000 tonnes de noix ont été exportées, contre   330.000 tonnes (...) en 2015 à la même période, soit une baisse de 40%", a   déploré Malamine Sanogo, le directeur du Conseil coton-anacarde (CCA), qui gère la filière. Selon lui, cette baisse des exportations a atteint 60% à destination de   l'Inde, qui est à la fois un gros producteur, transformateur et consommateur de   cette noix utilisée en cuisine et dans les cosmétiques.

"Les taxes à l'exportation étant très élevées en Côte d'Ivoire, les   producteur proches des frontières n'hésitent pas aller vendre leurs récoltes au   Ghana, au Mali ou au Burkina Faso", a expliqué Fousséni Adama, un exportateur. Le prix d'achat aux paysans fixé en 2016 à 350 francs CFA (0,53 euro) le   kilo est "bas" par rapport aux pays voisins, a ajouté un autre paysan pour   expliquer la fuite de la production. "Il y a un retard de la production dû au phénomène climatique +el Nino+   mais pas de quoi menacer la production", a souligné de son côté Augustin   Planty, directeur général d'Océan, une société exportatrice, jugeant le prix   pratiqué "acceptable".Les responsables ont minimisé l'ampleur de la fraude, appelant surtout les   paysans à "améliorer la qualité pour être plus compétitifs sur le marché   international".     Face à ces difficultés, la Côte d'Ivoire a décidé de subventionner la   filière pour tenter de faire passer le taux de transformation locale de 5% à   30% voire 40% dans quelques années. La noix de cajou brute est exportée vers l'Inde, le Vietnam et le Brésil   qui disposent d'industries de transformation, alors que les principaux   consommateurs sont l'Inde (200.000 t), les Etats-Unis (150.000 t) et l'Union Européenne (110.000 t).    

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