N°128⎟Mai - Aout 2026⎟ Semences de l'importation à l'autosuffisance
- Création : 17 mai 2026
Au cœur des transitions agricoles et alimentaires que connaissent de nombreux pays à travers le monde, la filière des semences se taille une place importante. Elle s’impose en effet comme l’un des principaux leviers stratégiques de cette transformation. La recherche de la souveraineté alimentaire fait que cette filière soit au centre d’une course à l’innovation.
Avec le changement climatique et les pressions qui s’accumulent sur les écosystèmes, la nécessité de préserver les semences locales-considérées comme une source de résilience – s'impose. Mais, en parallèle, l’urgence d’assurer l’accès à des semences de qualité avec des variétés est aujourd’hui un enjeu de taille. Dans plusieurs filières, les agriculteurs se plaignent justement d’un accès limité à ces graines. Ce qui n’est pas sans impacts sur les rendements. Cette situation est d’autant plus perceptible en Afrique où, comme le rappellent régulièrement les experts, les systèmes semenciers sont fragiles. Et ce, avec des infrastructures inadéquates, des investissements publics limités et des cadres réglementaires faibles.
En Algérie, la situation se présente autrement. La filière semencière est en effet au centre de la politique agricole nationale et les efforts se multiplient pour répondre aux défis auxquels sont confrontés les agriculteurs dans l’accès à des semences de qualité et à haut rendements. L'Algérie travaille en effet depuis de nombreuses années sur le renforcement de sa stratégie semencière.
La création de la banque de gènes dont le lancement est prévu cette année entre dans ce cadre.
L’État ne s’est pas limité à la création de cette banque. D’autres structures spécialisées sont prévues dans des pôles agricoles à l’intérieur du pays. Autour de pas moins de 80 000 semences, cet outil stratégique de préservation du patrimoine agricole algérien avec l’implication du monde de la recherche scientifique impulsera sans nul doute une dynamique scientifique et technologique à cette filière. Ce qui permettra à terme d’atteindre la souveraineté semencière.
Le renforcement de la collaboration et des échanges entre les coopératives agricoles et les chercheurs dans le cadre du conseil de sécurité alimentaire est une piste à ne pas écarter pour aspirer atteindre les résultats escomptés.
E.Cherif



