LES PRAIRIES AU COEUR DE LA RÉUSSITE DES ÉLEVAGES

  • Création : 17 mai 2015

Plus d’une centaine d’éleveurs adhérents de la coopérative Dijon Céréales ont participé, ce mercredi 13 mai, à la visite de la nouvelle plateforme « Productions fourragères » mise en place en 2014 par Artémis à Créancey, au coeur du bassin d’élevage de la Côte-d’Or.

 

Les prairies sont un enjeu important pour les territoires d’élevage de Bourgogne et de Franche-Comté. Les deux régions ne cumulent pas moins de 1,4 million d’hectares de prairies (naturelles et artificielles) pour alimenter le bétail, soit un tiers de la surface agricole exploitée. Le bonheur est dans le pré…et surtout la réussite des élevages.

«Un bon niveau de production des prairies est un vrai levier économique pour la compétitivité des exploitations d’élevage. L’objectif est de viser un maximum d’autonomie sur les fermes en matière d’apport protéique pour les troupeaux», explique Frédéric Imbert, responsable du secteur R&D chez Dijon Céréales.

C’est pour répondre à ce besoin de productivité fourragère que la plateforme d’innovation agro-environnementale Artémis (voir encadré) a mis en place, en 2014 à Créancey, un site d’expérimentation pluriannuelle consacrée aux « prairies naturelles et temporaires ». Il répond à deux objectifs principaux :

  • augmenter l’autonomie fourragère et alimentaire des exploitations en cultivant les prairies temporaires et en optimisant la production des prairies naturelles,
  • introduire des espèces actuellement sous-utilisées comme le dactyle ou la fétuque dans le cadre de rotations courtes ou longues, ou pourquoi pas alternées avec des céréales.

« Les prairies, comme les grandes cultures céréalières par ailleurs, doivent s’adapter à leur environnement. Un des premiers enjeux est lié au changement climatique avec l’utilisation de variétés qui offrent une meilleure résistance au déficit en eau et aux fortes températures», précise Michel Duvernois, président d’Artemis. «Plus largement, nous devons aussi répondre aux objectifs de l’agro-écologie, notamment à travers une bonne gestion des intrants dans le cadre de rotation allongée des prairies, mais aussi en introduisant des productions fourragères (pois, féveroles…) dans le cycle des grandes cultures colza-blé-orge ».

D’autres essais sont menés sur cette plateforme de Créancey (mise en place avec l’appui de Damier Vert, le service technique de Dijon Céréales) concernant le désherbage, le sur-semis, le re-semis, le décompactage ou la fertilisation.

Plus largement, la visite de cette plateforme a été placée au coeur d’une journée consacrée aux enjeux de demain pour les élevages de Côte-d’Or, et globalement de la zone Bourgogne Franche-Comté.

A ce titre, l’intervention de Fabien Champion, de l’Institut de l’Élevage, a apporté un éclairage intéressant sur l’avenir des productions lait et bovins viande à moyen terme en France et dans la région. Sous l’angle des marchés et de leurs évolutions, en s’appuyant notamment sur les données de la FAO, le spécialiste démontre que la France a encore un potentiel de développement en matière de productions animales.

« Nous avons toujours besoin de protéines d’origine animale pour l’alimentation dans notre pays, mais aussi pour l’exportation vers les pays émergents (Chine, Russie, Mexique, Algérie…) où la consommation de viande bovine va progresser fortement d’ici 10 ans. D’autres zones de production, comme l’Amérique du Sud, sont en train de laisser de se concentrer sur les protéines végétales avec le développement des surfaces de soja ».

Fabien Champion met en évidence la bonne réussite économique des systèmes d’exploitation qui mixent ateliers d’élevages (bovins, ovins, porcs, volailles) et ateliers grandes cultures, ne mettant pas ainsi tous leurs oeufs dans le même panier. Un modèle de polyculture élevage qui est déjà assez présent à l’échelle régionale mais qui peut encore gagner du terrain, si des producteurs céréaliers spécialisés décident de s’intéresser aux productions animales.

Au-delà du revenu supplémentaire dégagé qui peut permettre d’installer un jeune agriculteur, les productions animales sont parfaitement complémentaires des grandes cultures notamment sur le plan de l’agronomie (introduction des fourragères pertinente dans la rotation, valorisation de la matière organique produite par l’élevage dans la fertilisation des cultures). Plusieurs céréaliers portent aujourd’hui en Côte-d’Or des projets d’atelier d’engraissement qui veulent répondre à cet équilibre « animal – végétal ».

Plus d'info: www.dijon-cereales.fr/la-plateforme-artemis

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