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Entretien réalisé avec Monsieur Akli Moussouni -  Expert Agricole

Ou en est l’utilisation des nouvelles technologies à travers le monde dans le domaine agricole ?

Pour diminuer la pénibilité des travaux agricoles, optimiser le temps de travail, augmenter la productivité, protéger et développer la qualité des produits, l’agriculture du monde développé a bénéficié d’une recherche diversifiée et approfondie.

Du développement des souches avicoles à l’amélioration génétique des vaches, la recherche développement de ce secteur a touché à toute l’opportunité d’alimentation des populations et des cheptels. Plus récemment encore (années 90) une nouvelle race de jeunes entreprises connues sous l’appellation « Start- up » (entreprise qui démarre), ont investi le secteur agricole (entre autre), bourrée d’innovations en faisant appel aux biotechnologies de pointes, non accessibles à l’agriculteur moyen. Dotées de gros budgets, pour mener la recherche qui leur a permis de dégager des rendements inimaginables, comme pour cette vache allemande qui a dépassé le cap de 100 litres de lait par jour ou ces « clubs de 100 » dont les céréaliers obtiennent plus de 100 Quintaux de blé à l’hectare.

La sécurité alimentaire des nations laisse place progressivement à la souveraineté alimentaire (concept né en 1996) qui consiste à libérer les nations des contraintes du marché international (OMC) pour alimenter au mieux leurs populations. Cette formule est à l’origine de la recherche de nouvelles solutionsde plus en plus ef caces, irréalisable sans l’implicationdes technologies de pointe. Les OGM par exemple objet de recherches durant de longues années ont été développé pour permettre aux cultures de produire plus et de résister aux aléas climatiques et attaques parasitaires et autres. Certes ils sont dans bien des cas diabolisés mais incontournables pour nourrir la population mondiale dont la reproduction est effrénée. A présent, aucun domaine relevant du secteur agricole n’est « épargné » par la recrudescence des innovations technologiques faisant que la machinerie traditionnelle est remplacée par la robotique dirigée par satellite. La « recherche –développement » vient remplacer à son tour la recherche classique qui a montré ses limites en termes de retombées économiques.

Qu'en est-il en Algérie ?

Dans notre pays, la technologie dans le monde peut être assimilée à la 5eme roue du carrosse.La con guration du paysage agricole algériencaractérisé par la petitesse des exploitations, la machinerie puissante et sophistiquée et la recherchene peuvent être supportées ni nancièrement ni entermes d’espace par des agriculteurs qui agissent individuellement dans des morceaux de terre dont la surface moyenne est inférieure à 0,5 Ha ; soumis eux même au morcellement effréné par rapport au phénomène d’héritage. L’agriculture familiale qui avait permis une agriculture de subsistance durant des siècles de colonisation n’est plus d’actualité pour avoir disparue à ce titre.

L’exploitation de ce qui en reste présent, ne peut se faire qu’avec des pratiques traditionnelles non rémunératrices avec du matériel aratoire des années 1970 commercialisé par les ex-Obama et quelques importateurs potentiels privés. Même les opérations agricoles telles que la taille des arbres ont été quasiment abandonnées, qui pourtant ne font pas appel à la technologie. La réduction continuelle du calibre de nos fruits mis sur marché est garantie. Les oranges de la taille de mandarine et les mandarines de la taille d’une balle de pingpong en est un exemple dramatique. Même l’analyse du sol, pourtant incontournable pour le choix des cultures à mettre en place et leurs entretiens, n’est que très rarement opérée. Par ailleurs, les instituts techniques et de recherche relevant du ministère de l’agriculture concentrés tous à Alger et disposant chacun d’annexes à l’intérieur du pays, dotés de budgets faramineux et employant une pléthore de diplômés, fonctionnent en vase clos pour n’avoir jamais été impliqués sur le terrain ni produit des solutions aux nombreuses calamités, épidémies, pandémies et autre que subissent sans interruption les plantations et les cheptels. En termes de production, nous enregistrons des rendements des années 1930 pour avoir toujours produits 10 litres par jour par vache et 10 quintaux de blé par hectare.

Faire appel donc à la technologie, dans un secteur fonctionnant en agrégats dispersés dans un contexte informel est utopique. Les préalables pour engager l’agriculture algérienne dans la performance ne sont pas mis en place, et ne peuvent se faire dans le cadre actuel de son organisation.

Les agriculteurs algériens ont-ils justement les moyens de recourir aux solutions technologiques ?

Absolument pas. Non seulement, ils n’ont pas les moyens, mais en plus le marché national n’exige pas la qualité à imposer à l’agriculteur pour n’avoir jamais été normalisé. Aussi, il ne peut y avoir, il ne peut yavoir de marché normalisé sans la plani cation des productions, qui ne peut y avoir sans l’identi cationdes agriculteurs et sans que ces derniers ne soient organisés autour des productions pour lesquels ils doivent agir en professionnels. Globalement ce qui pose problème, c’est que ces agriculteurs ne sont ni formés aux technologies agricoles, ni n’agissent en formation en termes de réseau commercial ni à l’amont ni à l’aval de la production, ni informé par rapport auxmarché national dans le cadre d’une plani cation pouravoir toujours produit dans l’anarchie et abandonné leur production sur site.

N’y a-t-il pas lieu d'opter à votre avis pour partenariat notamment avec les pays du bassinméditerranéen puisque les dé s sont les mêmes ?

Il n’y a pas lieu d’opérer de nouveaux « partenariats » avec l’étranger par rapport à un secteur non doté de règles économiques ni à la production ni à la transformation. Les centaines d’expertises opérées dans le cadre du partenariat avec l’Europe à travers les programmes MEDA et DIVECO, qui pourtant ont été menées sur terrain et touché toutes les filières et même des secteurs attenant à l’image de l’industrie agroalimentaire et l’environnement, ont toutes été empilées dans les ministères et les instituts sans suite, du fait que ces institutions dont le seul rôle consiste à mener des missions protocolaires d’accompagnement des politiques sans programme, qui ne s’inscrit donc dans une logique économique. Les relégations aux oubliettes de tous les accords signés avec les institutions internationales dont les accords d’associations avec l’Europe et les démarches d’adhésions à l’OMC sont un exemple agrant du rejet de l’Algérie de ses intérêts par rapport au commerce international pour avoir mis son propre marché à une dépendance totale et générale des importations pour des intérêts occultes en es tune autre preuve agrante du désintéressement du pays de ses intérêts dans le commerce international, d’où elle s’est exclue de fait. Il n’y a donc pas lieu d’entériner quoi que ce soit avec l’étranger dans le contexte actuel de fonctionnement de ce secteur dont les mécanismes d’une gestion économique du produit et du marché national sont totalement absents.

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